Cette année 2022, le Grand Prix Léon Brillouin revêt une coloration toute particulière, car nous célébrons le centenaire de l’article, fameux, qui a introduit ce qui est désormais connu sous l’appellation d’effet Brillouin. Cet article qui a eu un impact considérable dans de nombreux domaines scientifiques et technologiques, a été publié par Léon Brillouin deux années seulement après sa thèse. Preuve s’il en fallait qu’ «Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années ».
C’est justement le cas de notre lauréate 2022, Sophie Brasselet, Directrice de recherche CNRS au sein de l’Institut Fresnel, dont elle assure la direction depuis 2020.
Ingénieure diplômée en 1994 de l’Ecole Supérieurs d’Optique, Sophie Brasselet démarre une thèse au CNET Bagneux, sous la direction de Joseph Zyss. Sa thèse, essentiellement théorique, portait sur l’hyperpolarisabilité du second ordre de systèmes moléculaires et a établi un formalisme valable pour la réponse dipolaire et octupolaire.
Après cette thèse, Sophie Brasselet réalise un séjour post-doctoral auprès du Pr. William Moerner, pionnier de la microscopie et de la spectroscopie de molécule unique et co-lauréat du Prix Nobel de chimie en 2014. Cette étape à San Diego puis à Stanford, constituera le démarrage d’une reconversion thématique vers l’instrumentation et plus particulièrement vers la microscopie optique.
Reconversion, mais pas rupture car il est évident qu’en proposant des approches originales de microscopie et d’imagerie non-linéaire résolue en polarisation, elle combine les atouts théoriques acquis lors de son doctorat, avec ceux acquis pendant son post-doctorat pour la microscopie de molécules uniques et finalement avec sa solide formation de SupOpticienne. Depuis son retour en France, les nombreuses démonstrations pionnières réalisées par Sophie Brasselet, illustrent les atouts de l’approche de imagerie non-linéaire quelle a introduite et qui lui vaut aujourd’hui une reconnaissance internationale, non seulement dans la communauté des opticiens et physiciens, mais également dans celle des biologistes voire du biomédical.
Ces réussites ont d’ores et déjà été reconnues par l’attribution en 2020 de la Médaille d’Argent du CNRS.
La Société Française d’Optique attribue donc sa récompense majeure, le Grand Prix Léon Brillouin, à Sophie Brasselet pour l’ensemble de son remarquable parcours et pour ses contributions pionnières aux techniques de microscopie et d’imagerie non-linéaire résolues en polarisation.
Le jury du prix, le président de la SFO, ainsi que l’ensemble des membres du Conseil d’administration s’associent pour féliciter Sophie pour cette récompense ô combien méritée !